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Me Carole-Olivia MONTENOT donne les codes de l’éloquence et encourage les jeunes à prendre la parole dans le « Baromaître » journal de l’EFB

FAUT-IL PRENDRE LA PAROLE?

« Entre ici humain avec tes mots pleins de sens, livre-les en ces lieux et fait vibrer la conférence».

C’est par ces mots que Xavier Nogueras, 11ème secrétaire de la conférence, clôturait chacune des séances du concours.

Qu’y a-t-il de plus puissant que la parole ?

Souvenez-vous de ces discours qui ont marqué l’Histoire, ces discours percutants, ces discours intelligents, ces discours mobilisants.

Tous ceux qui ont marqué nos Esprits n’auraient pas eu le même impact si vous les aviez lus.

Et lorsqu’il est incarné, le discours n’a pas besoin d’être long, quelques mots suffisent. Ces quelques mots prononcés qui ne quitteront jamais nos mémoires : ces phrases incontournables qui ont mobilisé les foules.

I have a dream

Ich bin ein Berliner

Yes we can

Quelle force, quelle vie auraient ces discours sans la parole?

Avez-vous compris, ces phrases simples, qui par l’ambiguïté du groupe auquel elles sont destinées peuvent contenter deux fronts qui s’opposent, comme celle prononcée par le Général de Gaulle à Alger « je vous ai compris ».

Maitrisez l’éloquence et vous ferez passer n’importe quelle idée, même les plus absurdes. Dès lors, la parole peut être dangereuse, elle peut être une arme redoutable pour celui qui la maîtrise.

Elle exècre le formalisme,

Se moque de la vérité,

Elle peut tromper les esprits les plus avisés.

Ainsi une même phrase contenant deux idées totalement contradictoires peut tromper la vigilance de l’auditoire alors qu’elle ne trompe pas le lecteur.

Comment peut-on être « le Révolutionnaire le plus conservateur du monde »… Je vous laisse apprécier.

Le discours est libre, alors profitez-en car à l’inverse, « les faits sont têtus » comme disait Oulianov.

La parole est la forme d’expression la plus pure car elle est libre, rien ne peut la contraindre, rien ne peut l’atteindre ni la censurer.

Une fois le discours prononcé les mots s’envolent, pénètrent et s’enracinent sans qu’aucune dictature ne puisse les effacer de la mémoire de celui qui l’écoute.

Le mal est fait, la parole est ancrée.

Imaginez, oui imaginez des jurés devant rendre leur verdict sur la base de plaidoiries écrites, sans émotion, sans effet de manche, sans passion, sans éloquence.

Moro Giafferri n’aurait jamais pu tenter son tour de force.

Badinter ne serait certainement pas parvenu à l’abolition de la peine de mort.

Vous vous demandez sûrement quels sont les codes, comment peut-on être éloquent, que faut-il faire, quel cours faut-il suivre?

Il n’y en a pas!

De la pratique, de la pratique encore et toujours de la pratique.

Apprenez pour oublier les conventions.

Il n’y a pas de règles, pas d’études, pas de diplômes ; c’est l’Homme qui, par son éloquence, offre au discours la force dont il a besoin pour convaincre, mobiliser, passionner, révolter ou encore indigner.

Mais cet argumentaire n’a pas de magie puisque cette tribune qui m’est offerte vous contraint à me lire.

Toutefois il me reste un espoir, un espoir immense puisqu’il vous implique, il vous implique vous lecteur.
Et croyez moi, j’ai confiance.

Seule la pensée peut donner la parole à un discours écrit.

Je m’en remets donc à la grandeur de votre imagination.

Autrement, cessez d’imaginer, rejoignez-nous, prenez la parole.

www.laconference.net La petite conférence

Cette année, grâce à l’investissement de Mathias Chichportich et à la mobilisation de ses frères et sœur de Conférence, le premier tour du concours de la petite conférence est un réel succès. Les séances ont fait salle comble et nous remercions pour cela tous nos candidats ainsi que Monsieur Alain Matthias qui filme ces évènements.

C’est l’occasion de féliciter les quatre finalistes de la petite conférence 2014, qui  se vont affrontés prochainement dans la bibliothèque de l’ordre des avocats et nous ont offert un grand moment d’éloquence.

Andréa Assor

François Gagey

Olivia Ronen

Alienor Vulser

Merci à tous

Pour être informé de la date de la finale vous pouvez nous suivre sur :

Twitter : @lapetiteconf

facebook : La petite conférence 2014

Entretien avec Mathias Chichportich, 9ème Secrétaire de la Conférence

Le Baromaître : Selon vous, qu’est-ce qu’un bon discours ?

M.C : Un bon discours est avant tout un discours que l’on écoute du début à la fin. C’est un enjeu complexe car l’auditoire est exigent, son oreille est fine, et son attention fragile.

Il faut parvenir à transmettre une « idée force ». Le risque d’éparpillement est important et il entraine la confusion. Le registre est indifférent tant qu’il est adapté au contenu. S’il y a un registre sur lequel vous êtes à l’aise il ne faut pas hésiter. Il vaut mieux bien exploiter une idée simple que de tenter de tout dire. Car en dix minutes, c’est impossible !.

Chaque mot doit avoir du sens. Rien ne doit être gratuit.

Le Baromaître: Comment capter l’attention de l’auditoire?

M.C : Certains orateurs disposent d’un charisme naturel qui électrise dès la première prise de parole. Mais il existe aussi des astuces rhétoriques qui permettent de capter ou de récupérer l’attention d’un public. Tout l’enjeu est de les  utiliser subtilement afin qu’ils ne soient pas apparents.

Le Baromaître: Quels sont les pièges à éviter ?

M.C : Il faut éviter les « discours spectacles ». Le rire est un excellent instrument à condition qu’il ne soit pas la seule finalité du propos… Autre écueil : « les discours catalogues ». Les références doivent être utiles et originales.

Les meilleurs orateurs sont ceux qui parviennent à traiter le sujet en révélant un peu d’eux-mêmes.